Elle s’appelle maman,
C’est la première femme que j’ai connue dans
ma vie. En essayant avec papa, une 3ème fois, d’avoir un garçon, elle m’avait
donné naissance. Elle s’est occupée alors de mes débuts biologiques et mon
éducation de base, mais pas pour assez longtemps. Elle m’a confié à la vie bien avant que je le fasse moi-même, on dirait qu'elle savait combien elle allait m'apprendre cette vie. Notre amour est hors de doute, mais pas assez
manifeste. Elle demeure la femme à qui je pense en premier lors des moments de faiblesse
et des moments de gloire. Elle reste la femme que je respecte le plus. Je
prendrai soin d’elle tant que nous existons dans la vie.
Elle s’appelle grand-mère,
Je la connais certes, mais je ne la connais
pas trop. Il faut dire qu’une génération de différence est déjà beaucoup, qu’en
est-il de deux ! Elle priait toujours Dieu pour ma réussite dans la vie,
qui représente pour elle un travail bien rémunéré, un mariage avec une fille
de la famille et voir ses petits-enfants avant qu’elle parte. Je me rappelle
surtout comment maman devait prendre soin d’elle d’une manière
déraisonnable. Tu dis que tu m’aimes
grand-mère, merci, mais je ne saurai confirmer une réciprocité.
Elle s’appelle ma sœur,
C’est la première fille que j’ai connue. Elle est plus agée que moi et c'est avec elle que je jouais à la maison, chantais et dansais, parce que je n’ai pas de
grand frère et mon père n’était pas un ami à moi. J’analysais de prés comment
nos parents éduquaient différemment deux sexes différents. On se disputait et
se réconciliait plusieurs fois par jour. Elle me manquait mais je ne savais le lui
dire. Un jour, mes parents l’ont confiée à un homme et c’était fini. J’ai
déprimé pour un moment et après, j’ai compris que cela s’appelle un mariage
marocain.
Elle s’appelle ma nièce,
Très heureux de t’avoir vue naitre ma chère.
Je t’ai observée grandir et ressembler de plus en plus à ta maman, ta maman qui
s’est mariée. C’est un plaisir pour moi de jouer avec toi, te taquiner et tout,
mais sache que je ne le fais pas uniquement parce que cela me donne cette
impression de jouer avec ma sœur - ma sœur qui s’est mariée - mais c’est aussi
parce que tu es une drôle d’adorable petite smart girl, première de sa
classe ! Bisou.
Elle s’appelle Cousinati,
Ça n’a rien à voir avec la cuisine, c’est
comme ça que j’appelle ma cousine. Je la connaissais beaucoup mieux quand on
était enfants. C'est la chouchou adorée de la
famille, une grande fane de la bonne musique, de la danse
mais surtout, elle écrit trop bien de la poésie arabe ! Chacun a pris son
chemin dans la vie mais
nous avons toujours cette curiosité de savoir si l’autre va bien et où il en
est dans sa vie. Je souhaite toujours la voir avec la personne qui saura la
comprendre, prendre soin d'elle et sera
tout pour elle.
Elle s’appelle ma copine,
C’est une fille que j’ai connue au lycée et en
prépas. A cet âge-là, elle devait être de la même école au moins. C’est avec
elle que j’ai appris les ABCDs des relations amoureuses, la joie d’un sms reçu,
le premier baiser, les premières déclarations d'amour mais aussi le caractère si chiant
des filles. Au début, j’adorais les frissons des débutantes, mais plus tard
j’ai préféré l’aisance des expérimentées. Comme une sorte de convention, ce
type de relation doit avoir un air officiel, alors on se comporte comme si on
est mariés et on fait semblant de croire qu’on est amoureux même si on se fait
chier mutuellement vu que la prise de décision doit se faire désormais à deux.
Bref, la copinerie était d’un éphémère passage dans ma vie, je ne l’ai pas trop appréciée, je trouvais toujours
qu’il y a d’autres types de relations plus cools…
Elle s’appelle mon amie,
Je suis le genre de mecs qui croit en l’existence
d’amitié avec une fille. Et si jamais un acte "non contractuel" a
lieu sous des conditions inopinées en dehors de toute intention perverse, cela ne doit
en aucun cas affecter cette amitié. Le degré de spontanéité avec mon amie reste
borné. On s’entraide dans la limite du possible et on partage ce qu’on
aime ; on peut aussi voyager ensemble. Mais c’est souvent une personne qui
ne subsiste pas très longtemps dans ma vie. Avec le changement d’au moins un paramètre, on peut changer d’entourage social, d’autres amis peuvent apparaître dans
sa vie et d’autres amies dans la mienne, sinon elle peut aussi se marier… tout comme
ma sœur.
Elle s’appelle mon amie intime,
Souvent comparée à un pote, c’est aussi une
amie, mais avec des privilèges (cela dit, l’acte non contractuel peut aussi
avoir lieu). On se raconte pratiquement tout et on se fait confiance. Disparaître
et réapparaitre n’est pas reproché, on y comprend qu’il y a des choses à
raconter. Mon amie intime est une fille sur laquelle je peux compter. On peut
prendre un café à 5 Dh dans un endroit très moyen, parce que le but n'est autre que de se
voir, peu importe la classe du lieu. C’est une personne qui n’est pas ma
copine, je connais son histoire, elle connaît la mienne et me comprend très
bien ! Je vois maintenant pourquoi plusieurs mecs ont fini par épouser
leurs amies intimes.
Elle s’appelle une salope,
Je l’ai connue sur Facebook, dans un café et
un peu n’importe où, oui on la trouve partout où il y a des mecs. Je fus assez surpris
par sa façon de cibler, lors des premières 5 minutes, les éléments suivants :
photo, job, adresse, voiture, métier du père, si j’habite seul et les premiers chiffres du numéro du mobile ! Comme première étape, la salope fait un bilan à la vitesse de
la lumière et te donne un rang de présélection sociale. La 2ème étape est décisive
pour te classer dans sa liste de victimes : elle doit savoir comment tu
passes ton samedi soir et où est-ce que tu passes ton congé pour mesurer ton degré de solvabilité. En cas d’admission
tu recevras des expressions d’admiration et un signe d’espoir qu’il pourra se
passer des choses.. Elle augmente petit à petit cette probabilité en te faisant
entendre ce que toi tu veux entendre et elle te pousse à l’inviter là où elle
veut d’une fréquence progressive mais interrompue puisque tu n’es pas le seul
dans la liste.. Et quand tu perds espoir, tu es odieusement retiré de la liste !
mais elle a un sacré culot de te rappeler plus tard si elle est dans la merde...
La salope est une sorte de prostituée stupide et schizophrène. Par contre celle
qui fait le trottoir est honnête, est efficace et fait fortune. A toutes celles qui
se sont reconnues dans l’un de ces caractères cités, sachez que vous avez un
coté salope que vous ignorez, ou bien admettez que vous évitez d'y penser. Heureusement que l’expérience m’a fait acquérir
un détecteur de salopes..
Elle s’appelle une friend with benefits (FWB),
Certains la qualifient de prostituée à but non
lucratif ! Ils se trompent, souvent parce qu’ils n’en ont jamais connues. C’est
une personne qui vit un équilibre sexuel dans sa vie, lui garantissant un
meilleur rendement dans ses études ou son travail. Les conditions nécessaires chez
le partenaire résident dans un physique acceptable (Oui, la bogossité n'est pas exigée auqnd on ne s'affiche pas trop en public), mais une bonne santé et aptitude sexuelles, une
maturité d'esprit et une confiance mutuelle, suite à quoi il y a des
règles à respecter. Règle numéro 1 : ne jamais avoir des sentiments. Règle
numéro 2 : Que personne ne se mêle trop de la vie personnelle de l’autre, parce que le
fait de savoir, par exemple, qu’elle a d’autres FWBs procure un sentiment de jalousie qui enfreint
la Règle 1. Règle numéro 3 : ne pas en parler aux autres ! Quand on
sait qu’une nana a le profil de FWB, les mecs lui courent après comme des loups.
Cette personne est bien consciente de son mode de vie, c'est un choix. Elle sait bien faire l’amour et profite de cette complicité pour
assouvir ses fantasmes, c’est son objectif. C’est un profil très demandé par les mecs, il les arrange bien entendu mais il fait tarder leur décision de se caser.
Elle fait le trottoir,
C’est une femme dotée d’une énergie rapidement
renouvelable, d’un dynamisme à saluer et d’une intelligence infaillible ;
dommage que ce n’est pas déployé dans un autre métier. Elle assure un équilibre social et psychique pour des hommes ayant une incapacité de conquérir des femmes ou bien tout simplement pour ceux qui ne veulent pas se faire chier à mener une relation avec une femme (couteuse en temps et en argent) alors qu'il n'ont besoin que de coucher avec elle. Je l’ai connue, il y a
longtemps, volontairement et par pure curiosité. Elle était si jolie que
personne ne voudrait la voir faire le tapin. Elle m’avait procuré un plaisir dépourvu
de tendresse ! C’est normal, elle travaillait. Par immaturité de ma part je
lui ai posé quelques questions d’ordre moral. Après un soupir, elle m’a dit :
« Je ne cesse de faire pitié, je sais... On dirait que j’ai le
choix ! » Et elle a changé de regard. J’avais compris qu’elle a une "licence" en "physique", un métier de commerciale vendant un
service épicurien et elle n'a peur de rien, mais elle n’a pas de CNSS. Elle doit alors assurer
ses arrières, par devant ou par derrière, et ce n’est pas moi qui allais la
faire démissionner.
Elle s’appelle Honey,
En terme chronologique, ma vie a changé à ce
moment-là, je vous présente celle qui l’a changée. Aucune fille ne m’a aimé
autant qu’elle. C’est la première fille d’une jeune apparence mais d’un vrai
caractère de grande femme que j’ai connue. Son unicité est spéciale et adorable
et ses réflexions sont minutieuses et cohérentes. Elle ne laisse pas le facteur
émotionnel affecter ses choix et décisions. Nous avons bien grandi depuis que
nous nous sommes connus. Avec elle j’ai compris un peu ce que signifie le mot amour.
De petites engueulades dans la vie de tous les jours mais un bonheur platonique
dans notre aquarium d’amour. Elle n’était pas ma copine et je n’ai jamais su
donner une définition à notre relation, on adore juste être ensemble. Un
réalisme nous fait sortir de l’aquarium et nous met à l’épreuve de survivre
dans les profondeurs de l’océan… Euthanasie d'un amour.
Elle s’appellerait ma fille,
Je l’aurais bien déjà eue s’il ne fallait pas
avoir, d’abord, celle que j’aurais appelée mon épouse. Je serais son ange
gardien. Elle serait my Queen B et je
ferais d’elle une star de ce dont elle aurait envie de faire. Je serais le papa
qui part en boite avec sa fille (Oui j’aurais toujours un look de jeune). Je
lui raconterais les secrets des mecs et tout ce que faisait son Papa Outi. Elle
serait mon amie intime jusqu’au moment où je sentirais qu’elle aurait envie
de tracer son propre chemin avec la personne qu’elle aime. Je ferais tout pour
la voir heureuse et je lui souhaiterais une bonne chance dans la vie.
Elle s’appellerait mon épouse,
La phrase est spécialement conjuguée au
conditionnel, parce que l’existence de ce statut est insolemment
conditionnelle. Sa probabilité ne cesse de tendre vers une valeur nulle, dans
une société qui donne le droit à plusieurs intervenants d’établir un business
plan pour ce projet dit mariage qui ne devrait concerner, normalement, que les deux
personnes en question. A ce niveau-là on sort de l’aquarium et on analyse la
faisabilité du projet en faisant douloureusement abstraction de l’amour qui
réunit les deux concernés. Mon épouse serait une femme autonome, indépendante, assez
intello mais surtout
comique, qui m’aimerait et que j’aimerais. Je voudrais que l’on se possède et que la
confiance règne entre nous, qu’elle soit symbole de dialogue, de sérénité et de
zénitude, qu'elle me rapporte tout ce qu'on lui dit à mon absence et qu'elle considère toujours son foyer comme sacré. Je l’amènerais
vivre sur notre petit havre de paix et je la traiterais comme une princesse.
Celles que je connais..
Je ne sais pas si j’en connaitrais d’autres, cela
dépend essentiellement de l’existence de celle que j’aurais appelée mon épouse,
ou bien elles vont juste réapparaitre, sous diverses combinaisons.. En tout cas ces
confessions seront décourageantes et décevantes pour les unes, mais tout
simplement sincères pour les autres. En commun, elles sont toutes des femmes,
et je suis plus ou moins jaloux et possessif envers elles toutes ! Euh.. sauf
grand-mère.. et la salope, oui la salope !
Abdelilah Outifaout
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